Reproduction d’un tract par les professeurs du Lycée Saint-Sernin, Toulouse
Des séries rééquilibrées ?
Ce que dit le ministre :
- une série S plus scientifique
- une série L revalorisée et plus attractive
- une série ES stabilisée
et la réalité de la réforme :
- série L : baisse des heures de français (2 h), plus de maths obligatoires (–2 h) (diminution horaire pour l’ensemble première + terminale)
- série ES : baisse des heures de sciences économiques et sociales (1 h)…
- série S : baisse des heures de sciences physiques (1h30), de maths (½ h) et d’histoire-géographie (1 h)
Une meilleure orientation ?
Ce que dit le ministre :
- « corriger sa trajectoire » grâce aux « sas ».
et la réalité de la réforme :
- les « sas », c’est rattraper un ou deux trimestres de cours en une semaine, pendant les vacances… de qui se moque-t-on ?
Contrairement à ce que dit le ministre, les « passerelles » ne fonctionneront que dans un sens (de S vers L) confortant la hiérarchie entre les séries.
L’orientation serait de plus en plus assurée par les professeurs (dont ce n’est pas le métier) en lieu et place des conseillers d’orientation dont c’est la spécialité, appelés eux à disparaître.Un lycée plus personnalisé ?
Ce que dit le ministre :
- Un accompagnement personnalisé (2h par semaine pour tous) et du tutorat (pour les élèves qui le souhaitent) : soutien, approfondissement, méthodes et orientation.
et la réalité de la réforme :
- l’accompagnement n’aura rien de « personnalisé » : obligatoire pour tous les élèves, il sera organisé au mieux par groupes d’environ 15 élèves, aux difficultés disparates ; il sera effectué par un enseignant (ou un étudiant) qui n’aura pas forcément ces élèves en cours, donc ne les connaîtra peut-être pas, et qui n’interviendra pas nécessairement dans sa discipline. Ces 2 h viennent en substitution de ce qui existe déjà en seconde : aide individualisée en français et en maths.
Un lycée « light » dès la seconde :
en seconde :
½ h de français en moins,
½ h d’histoire-géo en moins,
½ h de sciences physiques en moins,
½ h de sciences de la vie et de la terre en moins ;diminution de l’enseignement de détermination/exploration :
1h30 en moins par option,
la LV3 ne fait plus partie des enseignements de détermination, une seule option facultative par élève.Des variations qui peuvent être importantes d’un lycée à l’autre :
Certains horaires ne sont plus garantis par les grilles nationales réglementaires et dépendront de la répartition faite par chaque établissement : sont concernés les dédoublements, TP et modules (travaux pratiques en sciences, langues vivantes, français, maths, histoire-géo…) ainsi que la répartition des heures entre LV1 et LV2 et l’utilisation des 2 h d’accompagnement fourre-tout.Des étudiants qui remplacent les profs
Avec la réforme de la formation des enseignants, les étudiants qui préparent le CAPES ou l’agrégation se retrouveront seuls face aux classes pour une durée totale de 108 h (6 semaines) et pourront ainsi servir de bouche-trous ce qui permettra de diminuer considérablement le nombre de professeurs titulaires formés et qualifiés chargés d’assurer les remplacements.
Le projet Chatel, ce n’est pas un lycée plus juste et plus à l’écoute de chaque élève.
Le ministre veut supprimer 16 000 postes de profs à la rentrée.
Cette réforme n’est qu’un outil pour supprimer ces postes, en diminuant le nombre d’heures enseignées.
Les professeurs du lycée Saint-Sernin, syndiqués et non-syndiqués.